mardi 20 novembre 2012

Etienne Klein, Discours sur l'origine de l'univers


Chers Amis du Potager,

Il  y a quelques mois, je vous avais fait part de ma découverte enthousiaste d’Une brève histoire du temps, de Stephen Hawking.

Parce que l’astrophysique fait mon bonheur (que voulez-vous, je ne peux quand même pas n’avoir que les vernis OPI pour passion), et que servir la science fait ma joie, j’ai donc consulté Olivier, qui s’occupe du rayon sciences (de la nature et humaines) chez… Quai des Brumes (bravo pour ceux qui suivent ; je rappelle que je ne suis pas payée pour leur faire de la pub, mais tout simplement qu’un bon libraire, ça se respecte).

Olivier, donc, m’a surprise en plein quart d’heure Marie Curie, et m’a déniché ce Discours sur l’origine de l’univers, d’Etienne Klein, dont j’ignorais tout. Frétillante de joie telle un jack russel devant sa laisse à l’heure de la promenade, je me suis illico penchée sur cet opuscule aussi distrayant qu’instructif.

Etienne Klein, qui n’est pas un perdreau de l’année, mais a travaillé pour le CEA, le CERN, au Laboratoire des recherches sur les Sciences de la Matière, a enseigné à Centrale,  remonte le cours du temps. Non pas jusqu’au Big Bang, qui n’a sans doute jamais existé en tant tel (une singularité clairement identifiable dans le cours du temps et de l’espace, un point zéro défini), mais jusqu’au mur de Planck, quelques instants avant, qu’il tente ensuite d’escalader.

A l’aide de diverses théories qui ont toutes tenté d’unifier la théorie de la gravitation avec les lois quantiques et les trois autres forces de l’univers que sont l’interaction nucléaire faible, l’interaction nucléaire forte et la force électromagnétique, il évoque les divers résultats auxquels ces théories aboutissent.

Et c’est fascinant. Multivers, branes ouvrant la voie aux mondes parallèles (puisque notre univers est après-tout plat comme une limande), rebond, expansion, énergie du vide, super-cordes, boson de Higgs (la it-particule) chacune de ces théories ouvre la porte à d’autres questions. L’univers s’est-il auto-généré ou un élément extérieur a-t-il mis le feu aux poudres il y a 13,7 milliards d’années ? Y avait-il quelque chose d’autre avant ? Ou ailleurs ? Et pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

Bref, un monde sans fin de questionnements, fascinant et ultra-stimulant intellectuellement, même si l’astrophysique est une science éminemment mathématique et que les maths vous donnent de l’urticaire.

Parce qu’en plus, à l’instar de Stephen Hawking, aucune équation (l’hyper-populaire E = mc² n’est qu’à peine effleurée dans une note de bas de page) ne vient hérisser le discours de ses incompréhensibles symboles.

L’écriture est d’ailleurs particulièrement plaisante, et il est à espérer que certains littérateurs prendront exemple sur ce texte scientifique pour améliorer leurs tournures de style. D’autant que pour un sujet aussi velu que celui-là, Etienne Klein a pris soin d’égayer son propos de comparaisons humoristiques. Et d’interpellation du lecteur, destinées à s’assurer que son attention est toujours là, voire de l’aider à raccrocher les wagons de la science.

Bref, de quoi calmer les palpitations de tous ceux qui, comme moi, ont cru halluciner quand les frères Bogdanov ont gentiment expliqué au présent (de narration) de l’indicatif, à la télé, tout ce qui s’était passé AVANT le Big Bang. Si, si. Parce qu’ils y étaient, hein. J’émets d’ailleurs l’hypothèse que leur charmant visage ne soit pas l’œuvre d’un chirurgien esthétique parkinsonien, mais d’une décompression spatiale (oui, oui, comme dans l’épisode x-Files de Castle, pour ceux qui sont intéressés, voir saison 3, épisode 9, parce que la vérité est chez Ricky et non je ne suis pas obsessionnelle).

Mademoiselle Potiron

Discours sur l’origine de l’univers, par Etienne KLEIN, Flammarion, collection Champs Sciences, 182 pages à dévorer, 6 euros d’intelligence

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