mardi 20 novembre 2012

Edouard Launet, Au fond du zoo à droite


Chers Amis du Potager,

Il y a quelques années, alors qu’elle désespérait que je comprisse un jour les principes des proportions stoechiométriques, dans son dévouement à la science, the Wonderful Mimi m’a gentiment envoyé l’ouvrage d’Edouard Launet intitulé Au fond du labo à gauche.

Que Tolkien veille sur ma badmintonienne ingénieure, puisqu’Edouard Launet, non content de servir la science et de faire ma joie, allait déclencher chez moi cette passion farouche pour l’expérience idiote, la recherche fondamentale scabreuse, le graal scientifique aussi beau qu’inutile. Chaque automne, la publication des derniers Ig Nobel m’excite au plus haut point et me laisse bien plus frétillante que la publication des « vrais » Nobel (sauf celui de littérature, parce que bon, avec un blog dit « littéraire », faut bien y passer).

Que des gens puissent rendre des lapins fluorescents quasiment pour le plaisir, s’amusent à faire des concours de saut en hauteur pour puces (avec la puce du chien dans le rôle de Tia Hellebaut et de la puce du chat dans le rôle de Blanka Vlašić version Pékin 2008), cela me fascine. Qu’une Anglaise ait pu inventer le soutien-gorge dont les bretelles ne glissent pas sans que des cierges lui soient dédiés m’indigne outrageusement.

Bref, the Wonderful Mimi venait d’ouvrir pour moi la boîte de Schrödinger.

Or, il se trouve qu’Edouard Launet est un récidiviste.

Après nous avoir régalés de ses découvertes plus absurdes les unes que les autres, il s’est mis en tête, entre autres, de nous initier au charme discret des sciences médico-légales, dans le subtil Viande froide cornichons.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le suicide chez la personne âgée, le massacre à la tronçonneuse, l’art de faire disparaître un corps, ou encore les dangers de l’autoérotisme, surtout lorsque l’accessoire est constitué de prises électriques ou d’aspirateurs Hoover Dustette (sans faire de pub, il est scientifiquement prouvé que ledit aspirateur détient le record de destruction de pénis introduits par inadvertance dans son tuyau) enfin à votre portée !

De quoi considérer les déclarations pompeuses des Experts avec davantage de recul (oui, il est possible de se suicider d’une balle dans la nuque, d’envoyer valdinguer le pistolet à plus de trente centimètres ou de se suicider de plusieurs balles, le record étant détenu par un Belge particulièrement obstiné qui s’est tiré 14 balles dans le cornet. Et il arrive qu’un chasseur soit tué par son chien, à défaut de lapin. Le karma, sans doute).

Pour achever notre instruction, Monsieur Launet s’est penché avec intérêt sur le sort de nos amis les bêtes, dans le susnommé Au fond du zoo à droite (vous noterez la cohérence éditoriale).

Avec la verve et la rigueur scientifique qui le caractérisent, l’auteur nous présente les prouesses de nos bestioles favorites, avec une tendresse particulière pour les sans grades que sont les insectes. Du calcul de l’étage favorable au chat pour retomber sur ses pattes à l’hypertension de Madame Girafe, en passant par le scarabée bousier et l’humérus des lamas, on s’extasie sur les sujets d’études de chercheurs poètes, ou parfois particulièrement sadiques (mettre dans une même pièce un paon-de-jour et une mésange bleue se termine rarement bien pour le papillon, même si l’on a repeint ses ocelles).

Et on se dit que la science, c’est chouette, et que si l’on avait su, on se serait peut-être accroché pour comprendre ces µ«?%*¤ de proportions stoechiométriques, et qu’il eût été plaisant de ne pas délaisser Poincaré pour Cicéron.

Mademoiselle Potiron

Au fond du labo à gauche, Viande froide cornichons et Au fond du zoo à droite ont tous parus chez Points, collection science, pour un prix variant de 6 à 7 euros. A paru également Sexe machin, toujours chez Points (7.10 euros) dans la même veine (épigastrique inférieure).

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